L'Europe construit un internet laser spatial. Les satellites ne suffisent plus pour la radio.
 Par Nic007
InternetUne station laser terrestre, conçue pour communiquer avec des satellites en orbite, a été lancée dans le nord de la Grèce. Ce projet, soutenu par l'Agence spatiale européenne, vise à contribuer à la création d'un internet spatial de nouvelle génération, doté d'une bande passante massive et d'une sécurité considérablement renforcée. La raison est simple : les communications radio traditionnelles atteignent leurs limites. La multiplication des satellites, le développement des systèmes militaires et la croissance exponentielle des transmissions de données rendent l’infrastructure orbitale actuelle de plus en plus difficile à gérer. L’Europe souhaite éviter une situation où le marché serait entièrement dominé par des entreprises américaines comme Starlink. La nouvelle station optique terrestre Holomondas a été construite au sommet d'une montagne en Grèce dans le cadre du projet PeakSat. Ce projet est développé par l'Agence spatiale européenne, le gouvernement grec et la société spatiale lituanienne Astrolight. Le système utilise des liaisons optiques infrarouges au lieu des ondes radio traditionnelles utilisées par les satellites depuis des décennies. Les données sont transmises par des faisceaux laser d'une extrême précision. Il s'agit d'un bond technologique majeur. Astrolight affirme que son infrastructure peut recevoir des données à des débits allant jusqu'à 2,5 Gbit/s. De nombreux systèmes satellitaires actuels, qui reposent sur des communications radio, offrent une bande passante nettement inférieure. Les lasers présentent un autre avantage : ils sont beaucoup plus difficiles à intercepter ou à brouiller. À l'heure où la cyberguerre et les systèmes de brouillage électronique se développent, cet atout devient crucial pour l'Europe.

L'ensemble du projet paraît impressionnant, mais sur le plan technologique, il s'agit de l'une des entreprises les plus exigeantes de l'industrie spatiale moderne. Les ingénieurs doivent maintenir une communication d'une précision extrême entre des objets en mouvement. Le satellite se situe à des milliers de kilomètres de la Terre et se déplace à une vitesse d'environ 8 kilomètres par seconde. Dans ces conditions, la moindre déviation peut perturber la transmission. Laurynas Mačiulis, d'Astrolight, a admis que tout le processus revient à essayer de toucher un objet se déplaçant à grande vitesse à la limite de l'atmosphère avec un faisceau lumineux très fin. Les tests ont utilisé les satellites CubeSat grecs PeakSat et ERMIS-3, lancés en orbite en mars 2026. Tous deux étaient équipés de terminaux de communication optique ATLAS-1 développés par Astrolight. L'importance de ce projet dépasse largement le cadre d'une simple expérience scientifique. Les pays européens investissent de plus en plus dans des systèmes de communication spatiale indépendants. La guerre en Ukraine et la montée des tensions géopolitiques ont mis en lumière le rôle crucial des infrastructures satellitaires. Parallèlement, de nombreux responsables politiques européens craignent que les systèmes de communication stratégiques restent dépendants d'entreprises privées situées hors d'Europe. Les représentants d'Astrolight abordent ouvertement la question de la souveraineté technologique. Selon l'entreprise, les futures constellations de satellites nécessiteront des liaisons laser optiques non seulement pour des raisons de performance, mais aussi pour l'immunité aux interférences et la sécurité des transmissions.

L'Europe affirme clairement qu'elle ne souhaite pas un monde où toutes les communications orbitales appartiennent à un seul opérateur. Les experts alertent depuis des années sur la saturation du spectre radioélectrique traditionnel. Le nombre de satellites en orbite croît de façon exponentielle, et les systèmes d'IA modernes, les transmissions vidéo et les réseaux de données militaires nécessitent une bande passante toujours plus importante. Les liaisons laser visent à résoudre certains de ces problèmes. Elles permettent la transmission de volumes massifs de données avec un risque d'interception du signal considérablement réduit. C'est pourquoi cette technologie suscite l'intérêt non seulement du secteur commercial, mais aussi des forces armées et des opérateurs de systèmes à double usage.
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