#DRIVE Rally
Publié le 20/07/2026 Dans Nintendo Switch
Polygones et nostalgie.
Dans le paysage des jeux de course d'arcade contemporains , #DRIVE Rally se présente comme un hommage explicite aux années 90. Avec son look rétro néon et son ambiance résolument arcade, le jeu se veut une déclaration d'amour à l'ère du polygone brut et charismatique. #DRIVE Rally se distingue par son style graphique audacieux et reconnaissable. La direction artistique privilégie les couleurs saturées, les formes anguleuses et les textures simplifiées, rappelant efficacement l'époque des classiques d'arcade comme Ridge Racer et V-Rally . La flotte automobile propose des modèles librement inspirés de véhicules emblématiques : du coupé rappelant une Celica aux berlines d'inspiration rétro, en passant par des véhicules plus imaginatifs comme un camion aux proportions volontairement exagérées. Une touche de fantaisie est également présente, avec la possibilité de modifier les véhicules pour obtenir des effets délibérément improbables. Les environnements, répartis par nation, varient considérablement en termes de ton et d'atmosphère : canyons rocheux, forêts denses, paysages enneigés. L'objectif n'est pas une simulation fidèle, mais plutôt un impact visuel efficace qui met en valeur la personnalité visuelle. Le système de copilote suit également cette philosophie : deux modes vocaux (l'un plus technique, l'autre plus ludique) vous accompagnent sur les circuits, ajoutant de la variété à l'expérience. L'impact visuel et sonore est immédiat et captivant, même si la physique de conduite volontairement indulgente peut paraître trop simplifiée en termes d'adhérence et de réactivité.

Dans un jeu d'arcade, on s'attendrait à une conduite spectaculaire, avec des dérapages contrôlés, des freinages agressifs et des contre-braquages extrêmes. Dans #DRIVE Rally, en revanche, la physique des véhicules adopte une configuration beaucoup plus stable et indulgente : la piste en terre offre une adhérence similaire à celle de l'asphalte, réduisant considérablement l'imprévisibilité typique du rallye. Les voitures maintiennent une trajectoire précise même dans les virages, avec un comportement qui évoque davantage un système sur rails qu'une simulation de terrain dynamique. Ce choix peut paraître accessible au premier abord, mais il limite finalement la variété et l'engagement. L'absence de perte de contrôle réduit la sensation de risque, élément clé de l'expérience rallye. Le système de progression en trois catégories de véhicules – traction avant, transmission intégrale « douce » et une sorte de quasi-Groupe B – introduit une augmentation des performances, mais les différences se limitent principalement à la vitesse de pointe, sans impact significatif sur la physique ou les sensations de conduite. Même les véhicules les plus puissants conservent un comportement stable et prévisible, avec un freinage très efficace et une faible pénalité en cas d'erreur. Enfin, l'intelligence artificielle contribue à une expérience déséquilibrée. En mode « Difficile », les performances des adversaires varient de manière irrégulière, allant d'écarts excessifs à des dépassements irréalistes. Cependant, cela ajoute un peu de fun, à moins d'être un joueur extrêmement compétitif. L'absence de dégâts mécaniques, combinée à la réinitialisation immédiate après chaque sortie de piste, prive les courses de toute réelle tension, mais c'est le cas dans presque tous les jeux de course actuels. Couper les virages, heurter les barrières et atterrir hors piste deviennent rapidement des actions sans conséquence.

Un certain manque de renouvellement.
Visuellement, le jeu adopte une esthétique colorée et low-poly qui s'accorde parfaitement avec son esprit arcade. Les environnements sont dynamiques et bien lisibles, avec des reliefs exagérés qui favorisent la conduite à grande vitesse sans la perturber. Les performances sont généralement fluides, renforçant la sensation de vitesse et d'élan sans exiger une configuration haut de gamme. La conception sonore accompagne l'action avec une musique énergique et des sons de moteur réalistes, même si elle vise rarement l'authenticité, préférant renforcer le ton ludique et stylisé du jeu. L'une des limites du jeu réside dans son envergure. Si les bases sont solides et plaisantes, l'absence de modes variés ou de systèmes de progression plus poussés le fait ressembler davantage à un terrain de jeu dédié au rallye qu'à un jeu de course complet. Les joueurs en quête de profondeur à long terme, de réglages complexes ou d'un défi digne d'une simulation pourraient être déçus. Cependant, cette spécialisation fait aussi partie de son identité, permettant au jeu de rester accessible et immédiatement amusant sans submerger son public. Le mode principal est comme un restaurant à volonté : trois étapes pour chaque véhicule, puis un nouveau circuit. Si vous gagnez avec la « presque Mini R5 », vous débloquerez peut-être un pare-chocs… mais celui-ci restera inutilisé, car l'étape suivante nécessite une voiture différente. Il existe une monnaie en jeu, mais elle est purement décorative : elle ne sert pas à acheter des voitures (elles sont gratuites), ni à réparer des dégâts (imprévus), ni à effectuer des améliorations significatives. Les seuls ajouts tangibles sont des objets cosmétiques, conçus pour durer trois courses.

Le contenu est généreux : des dizaines d'étapes courtes mais bien conçues, des variantes météo, des contre-la-montre avec classements en ligne, et même un système de personnalisation minimal. Pourtant, la longévité en pâtit, car il n'y a aucune réelle incitation à revenir sur les anciens circuits une fois terminés. Les défis sont très similaires, chaque région ayant ses propres limites . Les routes et les virages diffèrent, certes, mais il ne s'agit que de variables théoriques. À l'écran, vous verrez globalement la même chose. Sans changement de conditions météorologiques. Même le mode « show-copilot » perd de son attrait avec le temps : après la centième blague du « tourne à gauche… MA gauche ! », on rêve du bouton « silencieux ». Peut être que les développeurs ajouteront des choses et iront vers davantage d'excentricité dans le futur. Après tout, #DRIVE (son prédécesseur) nous permettait même d'aller sur Mars. De plus, aucune mise à jour Switch 2 n'est présentement disponible.

VERDICT
Si vous cherchez un jeu de course léger et décontracté, #DRIVE Rally a des arguments à faire valoir. Mais si vous rêvez de virages serrés, de différentiels qui hurlent et de garde-boue déchiquetés, ce n'est pas du tout ce qui vous attend. Bien qu'il laisse place à des améliorations et à des perfectionnements, ce jeu propose une interprétation sympathique du rallye rétro.

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